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Frédéric Dabi : « Pour les jeunes, il n’y a pas de petits gestes pour le climat »

Par Pierre Manches Le 6 novembre 2021
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Les jeunes plus écolos que leurs aînés, vraiment ? Décryptage de Frédéric Dabi, Directeur Général d’IFOP Opinion et co-auteur du livre La Fracture, un ouvrage inédit sur la jeunesse et ses convictions depuis les années 1950. 

 

Quel est le niveau d’engagement des jeunes pour la cause climatique et environnementale ? 

Frédéric Dabi : Qu’on parle de protection de l’environnement, de développement durable ou encore de lutte contre le changement climatique, les jeunes se sentent concernés. Mieux, ils sont engagés. La prise de conscience environnementale est un marqueur de leur identité. Les questions environnementales sont centrales chez les jeunes qui appréhendent quelque part un séisme mondial. Fait assez nouveau, les jeunes associent quasi systématiquement écologie et climat : 58% des 18-30 ans invoquent les risques générés par le changement climatique comme « le risque prioritaire » alors qu’en 2002, seulement 20% des Français faisaient le lien entre environnement et changement climatique. Les jeunes s’engagent, haussent la voix et montrent la voie en quelques sortes.

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© Sébastien Ventimiglia

Justement, les jeunes sont-ils plus concernés par ces enjeux que leurs aînés ? 

Frédéric Dabi : Les jeunes sont à l’avant-garde. Notamment parce qu’ils associent plus que n’importe quelle autre génération « écologie » et « climat » et inscrivent toute action individuelle dans un contexte collectif. Début 2021, une étude a montré que 64% des jeunes de moins de 30 ans considèrent l’écologie comme un enjeu tout à fait prioritaire contre 44% parmi les 65 ans et plus. Ils sont même 72% à déclarer être « engagés » dans la lutte contre le changement climatique. Cet écart significatif montre bien le rôle clé joué par la jeune génération dans la prise de conscience collective. Les jeunes participent à la construction de l’opinion, il n’y a qu’à regarder la médiatisation et la viralité des marches pour le climat. Mais attention, les jeunes ne sont pas seulement militants, ils veulent être acteurs plus que jamais. Plus de 9 jeunes sur 10 se disent prêts à réaliser au moins une action pour lutter à leur niveau contre le réchauffement climatique (réduire leur consommation d’énergie, ne plus acheter certains produits à fort impact environnemental, choisir de nouvelles mobilités…). 

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La jeune activiste Greta Thunberg est-elle représentative de la jeune génération ?

Frédéric Dabi : La jeune suédoise est apparue comme l’image même de l’engagement de la jeunesse, libérée de toute affiliation politique au sens partisan du terme. Il y a beaucoup de spontanéité dans ses discours, ce qui rend sincère son combat et légitime l’engagement des jeunes. En revanche, les jeunes ne partagent pas l’idée d’une génération victime des comportements des plus âgés, parfois considérés comme inconscients ou encore responsables de la situation actuelle. Les jeunes ne veulent pas d’une guerre des générations sur les questions climatiques et environnementales. Au contraire, les jeunes ne cessent d’influencer leurs proches plus âgés et de leur donner à voir les bonnes pratiques. 

Les jeunes restent-ils confiants en l’avenir d’une manière générale, et plus particulièrement sur la question du climat ? 

Frédéric Dabi : On a beaucoup parlé de la « génération Covid-19 » ou encore de la génération sacrifiée. Il faut reconnaître que les deux années écoulées ont été particulièrement difficiles pour les jeunes, en manque de liens sociaux, de divertissements et parfois confrontés à des situations stressantes dans leur travail ou leurs études. Pourtant les jeunes sont tout sauf résignés et sont plus optimistes que leurs aînés ! Près de trois quarts des jeunes (73%) se déclarent optimistes en pensant à l’avenir, c’est plus de 20 points de plus que pour l’ensemble des Français. Pour les jeunes, « le meilleur est à venir ». Et ils ont sans doute raison, leur optimisme les fait avancer, fait avancer la société et permet d’engager la lutte pour le climat avec dévotion et sans fatalisme. Pour les jeunes, il n’y a pas d’impossible. Et il n’est surtout pas trop tard.

Pour cette jeune génération, qui pourra agir avec efficacité pour le climat ? 

Frédéric Dabi : Les jeunes estiment que c’est l’addition de gestes individuels qui fera bouger les choses. Une approche de « petits pas » qui permet de faire de grandes avancées. Le rôle des citoyens est central pour les jeunes, qui sont 52% à penser qu’ils sont les plus à même d’agir efficacement contre le changement climatique. C’est bien plus que l’État (41%) ou encore l’entreprise (36%). Mais à quelle condition les jeunes pourront-ils participer à cet effort collectif ? À condition de savoir comment agir. Plus d’un tiers des 18-30 ans estiment qu’ils souhaiteraient agir mais ne savent pas ce qu’ils peuvent faire pour lutter contre le réchauffement climatique. La vision que les jeunes ont de la protection de la planète, c’est d’abord l’engagement des citoyens et l’action quotidienne. Faisons-leur confiance !

 

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© Sébastien Ventimiglia

 

 

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